© Jacques Coeur
Que serait le Grand Sancerrois sans les figures emblématiques qui ont marqué son histoire ? Son récit serait sans doute bien différent de celui que nous connassons… Cet héritage unique donne aujourd’hui tout son caractère à notre destination et nous plonge dans la vie de ceux qui façonnèrent, un jour, l’histoire du Grand Sancerrois.
Etienne premier de Sancerre
Issu de la puissante famille Blois-Champagne, Etienne est le premier Comte de Sancerre. Il hérite de la seigneurie de Sancerre par son père en 1152. Il est à l’initiative de la construction du château fort en pierre de six tours sur le piton rocheux, château qui fera ses preuves pendant la Guerre de Cent Ans et les guerres de Religion. Il participe à la deuxième et à la troisième croisade et serait mort au combat au Royaume de Jérusalem lors de cette dernière.
Louis de Sancerre
Chef militaire ayant combattu aux côtés du connétable de France Bertrand Du Guesclin pendant la Guerre de Cent Ans, pour les rois Charles V et VI. Il défend Sancerre contre les Anglais en 1364. Pour sa fidélité et sa bravoure, il fut nommé Maréchal de France et c’est d’ailleurs sous ce nom qu’il est le plus connu. Après la mort de Bertrand du Guesclin en 1380, la fonction de Connétable lui est proposée. Il ne l’acceptera que 17 ans plus tard.
Jacques Cœur

Figure marquante du Berry ayant vécu vers 1395-1456, cet entrepreneur fortuné et doué est nommé Grand argentier du royaume de France sous Charles VI. Grand voyageur, il fait fortune en développant le commerce vers l’Orient. Grâce à ses talents commerciaux et industriels, il aide le souverain à reconquérir le territoire occupé par les Anglais. L’une des plus anciennes maisons du village de Sancerre (située à gauche de l’église Notre-Dame de Sancerre) est appelée « Maison Jacques cœur ». A la destitution de Jacques Coeur, une partie du mobilier présent dans ses résidences à Bourges, fut vendu aux enchères et rapatrié dans cette maison. C’est dans ce cadre que le village de Sancerre fait partie de la Route Jacques Coeur.
Jeanne de France / Jeanne de Valois

Jeanne de Valois, née en 1448, est la fille du roi de France Charles VII et d’Agnès Sorel, sa première favorite. Cette dernière est la première maîtresse d’un roi à sortir de l’ombre et à être officialisée. Elle fait entrer ses enfants dans l’Histoire de France en les faisant reconnaître par leur père, le roi Charles VII. C’est ainsi que Jeanne de Valois deviendra Jeanne de France après légitimation. Orpheline de sa mère à ses deux ans, Charles VII la confie à son ami Pierre Frotier, baron de Preuilly. Elle est élevée dans le château de Preuilly avant de rejoindre la cour royale à son adolescence. Après la mort de son père en 1461, Louis XI, frère naturel de la princesse Jeanne de France, accorde sa main à son compagnon d’armes Antoine de Bueil, chancelier du roi et fils du comte de Sancerre, Jean de Bueil. Ils eurent deux enfants, Jacques et Renée.

Jean de Léry
Ministre protestant, écrivain et grand voyageur ayant vécu de l’intérieur le Grand Siège de Sancerre en 1573. Il écrit un livre qui témoigne de ce qu’il a vu pendant cet effroyable blocus, “ Histoire mémorable du siège de Sancerre” qui paraît en 1574. Ce livre est un document primordial témoignant de ce qu’ont vécu les huguenots à cette époque.
La famille Perrinet

Originaire du Berry et du Bourbonnais, cette ancienne et puissante famille de seigneurs, de notables et de marchands de vin possédait une immense fortune et un important domaine foncier acquis au fil du temps dans le Sancerrois. Les châteaux de Buranlure, Boucard, La Tour de Vesvre, Jars entre autres en faisaient partie. Tout commence en 1616, avec David Perrinet lorsqu’il s’installe à Sancerre. Echevin de la citadelle, il signe en 1621 la capitulation de Sancerre lors du second siège. Il est alors nommé par le prince de Condé : lieutenant général et bailli de Sancerre de 1627 à 1632. Il meurt en 1640, laissant orphelins de nombreux enfants.
Chateaubriand

Né en 1768 à Saint-Malo, François-Réné, vicomte de Chateaubriand, est un écrivain, mémorialiste et homme politique français. Il aurait été l’un des hôtes et amis les plus illustres du Baron Hyde de Neuville, propriétaire du Château de Lestang à Sancerre dont Chateaubriand affectionnait tout particulièrement les lieux. Selon les archives, il aurait même planté le majestueux cèdre du Liban qui s’élève devant les façades du Château. Il est considéré comme l’un des précurseurs et pionniers du romantisme français et comme l’un des grands noms de la littérature française.
Etienne MacDonald
Fils de l’écossais Neil Macdonald, il s’est exilé en France pour protéger la fuite de Charles Edward Stuart qui luttait contre les Anglais. Etienne est né à Sedan et s’installe avec ses parents à Sancerre à l’âge de deux ans. Après ses études à l’école militaire de Saint-Germain-en-Laye, il entre dans l’armée en 1785. D’abord lieutenant, il finira Maréchal d’Empire. Lors de la seconde restauration, il est nommé ministre d’Etat et membre du conseil privé. Il est inhumé au cimetière du Père Lachaise à Paris. A Sancerre, la rue du Maréchal Macdonald honore sa mémoire et fait écho à la fuite de l’écossais Charles Edward Stuart vers la France.
Jean Guillaume, baron Hyde de Neuville

Né en 1776 à la Charité-sur-Loire, Jean Guillaume est issu d’une famille dont le père était d’origine écossaise. Il vécut une vie romanesque, faite de voyages, d’exils, de politique et de missions diplomatiques aux services de Bourbons. Exilé sous le premier Empire, il est pendant sept ans ambassadeur aux Etats-Unis. Député de la Nièvre plusieurs fois, il finira sa carrière politique en tant que ministre de la Marine sous la Restauration. Ultra Royaliste, il est accusé d’avoir fomenté un attentat contre Napoléon. En 1830, il quitte la politique en même temps que le dernier roi Bourbon Charles X. Il vit au Château de Lestang à Ménétréol-sous-Sancerre, élevant des moutons et écrivant ses mémoires, puis il disparaît en 1857 à l’âge de 81 ans.

Honoré de Balzac
L’écrivain, auteur de la Comédie Humaine, situe un de ses récits “La muse du département” à Sancerre. Son lien avec le village serait dû à son amie l’écrivaine George Sand et son amant Jules Sandeau, qui lui auraient fait rencontrer le sancerrois Emile Regnault. Ce dernier, né dans la maison qui abrite aujourd’hui la Maison des Sancerre, lui inspira le personnage du médecin dans ce livre.
George Sand

Figure féminine emblématique du Berry, George Sand, née en 1804, grandit et vit l’essentiel de sa vie dans la maison héritée de sa grand-mère à Nohant. Une maison qui de nos jours est ouverte au public. Grande femme de lettre du XIXe siècle, George Sand est une femme audacieuse, scandaleseument libre et passionée ayant cotoyé de nombreux artistes de son temps tels que Chopin, Balzac ou encore Musset. Tout au long de sa vie, elle lutte en faveur des droits des femmes et de leur émancipation, pour l’accès à l’éducation ainsi qu’en faveur de la République. Elle s’éteint à Nohant, le 8 Juin 1876. L’année 2026 est une année symbolique puisqu’elle correspond au 150e anniversaire de sa disparition.
Emile Hilaire Amagat
Physicien originaire de Saint-Satur, il a travaillé sur la statique des fluides et a même présidé la Société de physique. Il est élu membre de l’Académie des sciences en 1902 et l’année suivante, il est pressenti pour le prix Nobel de physique ayant finalement été attribué à Marie Curie, Pierre Curie et Henri Becquerel. À Saint-Satur, la rue Emile Hilaire Amagat honore sa mémoire.

Mademoiselle de Crussol d’Uzès
Mademoiselle de Crussol d’Uzès, longtemps restée célibataire, fait construire en 1874, un hôtel particulier de style Louis XII à l’emplacement des anciennes ruines du château féodal de Sancerre dont le seul vestige restant est la Tour des Fiefs. Habille femme d’affaire, elle développe en 1875 le domaine viticole du Château de Sancerre, malgré la crise de
la phylloxéra.
Claude Rameau
Né en 1876 dans une famille modeste, il est très vite attiré par le dessin. Jeune adulte, il quitte le fonctionnariat afin d’apprendre la peinture à Paris. De 1911 à 1929, il est conservateur du musée Saint-Nazaire. Par la suite il découvre, avec sa femme, le village de Saint-Thibault-sur-Loire et ils s’installent dans une maison de marinier rue Serveau-Quillier rebaptisée rue Claude Rameau. Ce peintre nourrissait un vif intérêt pour les paysages ligériens à tel point qu’on le surnomme Le peintre de la Loire. Il meurt à Saint-Satur
en 1955.
Georges Simenon
Auteur à l’œuvre abondante, père des enquêtes du commissaire Maigret, ayant séjourné à Saint-Thibault dans l’hôtel de l’Etoile, devenu hôtel de la Loire. A seulement 20 ans, il travaille comme secrétaire pour le marquis Raymond d’Estutt de Tracy, dans le Château de Tracy, de l’autre côté de la Loire. Dans une enquête du fameux commissaire de 1930, “ M. Gallet, décédé ”, apparaissent certains de ces lieux en bord de Loire. Le quai porte son nom depuis 2003, Quai de Loire Georges-Simenon.
Arnaud de Vogüé

Né en 1904 à Paris, Arnaud de Vogüé est un homme d’affaires et résistant français. Il est président de Saint Gobain, une entreprise spécialisée dans la production de matériaux, entre 1952 et 1970. Il est aussi maire de la commune de Boulleret pendant près de 50 ans. Mobilisé en 1939-1940, il participe à la bataille de Dunkerque en 1940, puis en 1943 il s’engage dans la résistance et devient commandant des Forces Françaises de l’Intérieur pour le Cher-Nord. Après la guerre, il fonde La Voix du Sancerrois et se consacre à la vie de son village. Très attaché au Château de Buranlure, il y fera de nombreux travaux qui permettront à l’avenir son ouverture au public. Il meurt en 1988 à Cosne-Cours-sur-Loire.
Hervé Mhun
Natif de Saint-Thibault, ce descendant de ligériens se tourne assez jeune vers la sculpture. Encouragé par le peintre Claude Rameau, il s’installe à Paris. Dès 1930, il commence à accumuler ses œuvres sculptées dans la pierre et en 1937 il est médaillé d’or lors de l’exposition internationale des Arts et Techniques. Lors de la Seconde Guerre mondiale, alors fait prisonnier, il sculpte les visages de ses camarades de captivité. Une fois la Guerre terminée, son travail est reconnu et présent dans différentes galeries de la Capitale. Il achètera par la suite une péniche, symbole de la Loire et de ses origines, et en fera sa galerie parisienne. Sa maison se trouve au numéro 9 du Quai de Loire Hervé Mhun et une sculpture est visible à Saint-Thibault dans le jardin de la Chapelle.














